L’histoire de la coiffure

Bien que l’on dispose que de peu d’éléments sur les coiffures des premiers hommes. On sait qu’à la Préhistoire les femmes notamment, avaient des coiffures spécifiques comme l’attestent les statuettes de l’époque, dont la dame de Bramempouy (22 000 ans avant J.C) ou encore la vénus de Willendorf (20 000 ans avant J.C).

À l’époque de la Mésopotamie et de la Perse Antique, les nobles se frisaient les cheveux au fer. Et se teignait et tressait la barbe et les cheveux, en ajoutant quelquefois des ornements en or, ou en argent, ainsi que de la poudre d’or. Les Phéniciens eux portaient leurs cheveux séparés en deux mèches enroulées ou torsadés en turban.

Dans l’Égypte Antique

Pendant l’Égypte Antique, les enfants avaient la tête rasée à l’exception d’une tresse (hommage à Horus) dont la décoration indiquée le rang social : or pour les familles royales et la bourgeoisie et des fleurs pour les ouvriers et les agriculteurs. À la puberté, les hommes se rasaient la tête ou portaient les cheveux courts, avec les oreilles dégagées, ou encore mi-long dégradés pour former un bonnet. Les femmes se laissaient pousser les cheveux et pouvaient les avoir lissés, bouclés, ondulés, tressés ou attachés en queue de cheval. Dans les coiffures l’ornement avait une place prépondérante avec les diadèmes (or, pierres précieuses, ivoire…), perles, épingles, peignes, fleurs… Enfin, hommes, femmes et enfants de toutes les classes sociales portaient la perruque qui faisait partie intégrante de la garde-robe.

Pour les Hébreux et les Juifs

Les Hébreux portaient une grande estime aux chevelures mi-longues, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Les femmes portaient le plus souvent les cheveux tressés ou enroulés en chignon cacher par un foulard. Être chauve était considéré comme une malédiction. Sous l’influence romaine, les hommes adoptèrent les cheveux courts, les cheveux longs étant considérés comme une fantaisie ou un signe de féminité. Les femmes ont pris l’habitude de se couper les cheveux d’une certaine longueur, une fois mariées.

Chez les Grecs

Pendant cette période, les coiffures furent différentes selon les cités et les époques. Cependant, certains points communs dominés. Ainsi entre 500 et 323 avant J.C, les Grecs portaient les cheveux frisés naturellement ou non afin de se différencier des Barbares. Les garçons avant 18 ans avaient les cheveux longs. Au-delà, ils devaient les avoir courts et bouclés. Les esclaves avaient le crâne rasé. Tandis que les femmes présentaient des cheveux longs et bouclés avec une raie au milieu, tiré en arrière et retenu par un nœud. Le chignon qui est recouvert par un tissu ou un filet était réservé aux servantes.

Entre 323 et 31 avant J.C, les coiffures des hommes se simplifièrent, alors que celle des femmes devint plus complexe.

La période Romaine

À l’époque romaine, les hommes avaient les cheveux très courts et se rasaient la barbe pour se différencier des Barbares. Les esclaves avaient la tête rasée. Les Romaines portaient les cheveux longs tressés, frisés, regroupés en forme de chignon, qu’on appelait « tubulus ». Les bacchantes, prêtresses du culte de Dionysos-Bacchus, étaient les seules à porter les cheveux détachés.

Sous l’Empire (27 avant J.-C. et 476 après J.-C.), l’arrivée du peigne compliqua les coiffures, qui évoluèrent en marqueur social. À l’approche de la fin de l’Empire, les modes se suivirent assez rapidement.

  • Entre 69 et 96 après J.-C, les frisures étaient l’élément incontournable de la coiffure. Les boucles étaient ramenées sur le haut de la tête et les cheveux étaient tirés en chignon sur la nuque. Ce type de coiffure fut très appréciée. Tandis que la fille de l’Empereur Titus mit à la mode la coiffure « diadème » (chignon formé de boucles en nid d’abeille).
  • Entre 96 à 476, les nattes revinrent à la mode. Les femmes murent ou peu soucieuses d’être coquette, portaient les cheveux ondulés, qui contournait la nuque et revenaient sur le front.
  • De 193 à 235, les ondulations horizontales firent leur apparition.
  • Pendant la deuxième moitié du IIe siècle, les cheveux se coiffaient au fer et les tresses étaient rassemblées à la base du cou en un gros chignon pour remontée jusqu’au sommet du crâne, comme un cimier de casque.
  • au IVe siècle, l’intérêt pour les accessoires détrôna celui de l’arrangement de tresses.
  • Durant le Ve siècle, les diadèmes et les perles surpassèrent la mise en forme des cheveux. Les Romaines aimaient se teinter les cheveux, avec un mélange de graisse de chèvre et de cendre de hêtre. Les prostituées préféraient se blondir les cheveux, avec des produits dérivés de l’ammoniaque (camomille, fientes de pigeon).

Les tribus germaniques et celtiques

Les tribus germaniques et celtiques du nord de l’Europe affichaient barbes et cheveux longs. Les Ostrogothes avaient la chevelure tressée vers l’arrière et sur les côtés du visage, tandis que les femmes les avaient les cheveux longs, défaits ou tressés.

Les guerriers celtes se trempés les cheveux, qu’ils tiraient en arrière, dans un mélange d’eau et de poudre de craie qui en séchant raidissait et formait une crinière hirsute qui effrayait les ennemis.

Les Celtes n’étant pas tous blonds, ils se décoloraient les cheveux avec de la chaux ou une pommade caustique à base de suif et de cendres.

En France

La fin de l’Antiquité

Les nombreuses invasions ont fait de la Gaule un véritable patchwork de peuples, avec les Romains aux cheveux courts, les Gaulois aux cheveux longs et les Francs qui pouvaient les avoir jusqu’au genou.

Le Haut Moyen-Âge (476-1108)

En assimilant la culture gallo-romaine à celle des francs, Clovis et ses successeurs permirent aux rois et reines mérovingiens d’adopter les cheveux longs et libres (signe germanique de royauté) et la tunique pourpre comme les Empereurs romains. À cette époque, les nobles portaient les cheveux longs proportionnellement à son rang et sa naissance. Le peuple lui était plus ou moins rasé et le serf était entièrement rasé. Alors que les moines portés la tonsure, signe de servitude envers Dieu. La coiffure était alors un signe du rang social.

Les jeunes filles avaient la tête nue et les femmes portaient un voile qui couvrait le cou, les oreilles et une partie de la chevelure. Les cheveux se divisaient en deux tresses cordées avec des rubans qui tombaient de chaque côté du visage, parfois jusqu’au genou.

Le Bas Moyen-Âge (1108-1453)

Au XIIe s., le temps est à la mode byzantine. C’est-à-dire de longues tresses entourées d’un ruban. Les femmes portaient également de longs voiles, des cercles en métal ou des assemblages de différents éléments.

Pendant le XIIIe s., le mode fut plus sévère, peu de femmes à l’exception des jeunes femmes portent les cheveux libres. Elles se coiffent de voiles ronds ou semi-circulaire fixée sur une guimpe* pour les plus âgées. Typique des coiffures de l’époque le touret était une sorte de cylindre qui entourait la tête, avec parfois le dessous fermé. Le touret se porte le plus souvent sur un voile qu’il permet de maintenir. Les reines portaient une couronne à la place du touret. Les femmes du peuple portaient des coiffes de travail, composé d’un voile ou linge diversement replié sur les cheveux.

Durant le XIVe siècle, la coupe au bol devient populaire chez les hommes de la noblesse, pour se démocratiser au XVe s. à toutes les catégories sociales. Chez les femmes de l’époque, la mode est aux coiffures extravagantes, comme :

  • Le truffeau, coiffure qui relève les cheveux en un ou deux chignons au-dessus des tempes, surmontés d’un balzo*.
  • Les cheveux séparés en deux tresses enroulées sur les oreilles dans une résille appelée crépine. Au XVe siècle il est possible de voir une grande diversité dans les coiffures de ces dames comme :
    • Le hennin, « chapeau de fée » en forme de cône, décliné en différentes versions (hennin à cornes, hennin tronqué).
    • L’escoffion, coiffure dont les cheveux sont ramené en arrière du front, soit tressé, soit enveloppés dans une résille ou crépine. Sur le sommet, on fixait une armature de fil d’archal qui soutenait des voiles de batiste.
    • La gonnelle qui est un dérivé du chaperon (le chapon était une capuche, puis il devint un couvre-chef polyvalent).

La Renaissance

Pendant la Renaissance, c’est la mode espagnole qui domine l’Europe. La fraise* est à la mode, pour s’adapter les coiffures sont tirées en arrière et élevées sur l’avant le plus souvent renforcé par des empois* ou du rembourrage.

Tandis qu’en Italie c’est la mode du blond vénitien (nuance de doré et de cuivrés). La décoloration se fait à l’aide d’un mélange à base d’urine (humaine, de chat ou de cheval), la coloration s’obtient avec une poudre à base de safran, citron suivi d’une longue exposition au soleil pour favoriser la réaction chimique.

Les XVIIe et XVIIIe siècle

Vers 1620, Louis XIII relance en France la mode des perruques lorsqu’il commence à perdre ses cheveux. Son épouse, Anne d’Autriche, ramène de Madrid la coiffure de bouffons, grosses touffes de boucles qui tombent sur les oreilles et les cachent.

À la même période, les coiffures féminines continuent de gagner en hauteur et en amplitude. Dût notamment à l’apparition des poufs* créer par Monsieur Léonard le coiffeur de Marie-Antoinette. Les perruques blondes des femmes leur permettaient d’éviter les décolorations composées de fientes de pigeon ou de soude. Coloration qu’on utilisait encore au siècle précédent.

Le XIXe siècle

Ce siècle, révéla la coiffure comme un moyen d’exprimer ses opinions. Cela n’est pas étonnant, le XIXe est le siècle du romantisme, les hommes et les femmes sont alors invités à exprimer leurs sentiments, leurs passions par l’intermédiaire de leurs coiffures. 

Le concept de salon de coiffure tel que nous le connaissons fait son apparition par l’entremise de Martha Mathilda Harper. C’est 360 $ qu’elle ouvre son premier salon de coiffure ouvert au public. Le succès arrive très vite, au point que beaucoup la copie et ouvre leur propre salon. C’est pourquoi Martha Harper créa un contrat de franchise d’écoles de salon de coiffure « Harper’s Method ». Dans son contrat, elle inclut une clause qui obligeait les franchisés à se fournir en produits dans son salon. À la fin du siècle, le réseau s’étend à plus de 200 salons à travers tous les États-Unis.

En 1890, Alexandre Godefroy invente dans son salon parisien, une machine qui sèche les cheveux. Le premier sèche-cheveux voit ainsi le jour. Ce concept innovant va permettre l’émergence de nouveaux styles de coiffure. Mais leur taille importante ne permet pas encore une utilisation domestique.

Au XXe siècle de leur émancipation, les femmes portent les cheveux de plus en plus courts. La coiffure et les styles de coiffure sont les révélateurs de ce changement ! 

Définitions

* La guimpe, c’est un couvre-chef  qui est réuni à une touaille ou barbette (pièce de toile qui passe horizontalement devant le menton et est fixée au col). C’est la coiffe des veuves et des femmes âgées, et est de couleur blanche chez les nonnes, couvrant le cou et la poitrine.

* Un balzo, c’est une coiffe féminine de forme circulaire.

* La fraise, est un col de lingerie réalisé à l’aide de plis ou de godrons. Elle se place autour du cou qu’elle cache pour mettre le visage en valeur. Elle est aussi appelée collerette.

* L’empois, c’est le résultat du mélange de la poudre d’amidon dans de l’eau chaude. Cela forme une suspension transparente, plus ou moins gluante en fonction de la concentration d’amidon.

* Le pouf est réalisé sur une structure en fils de fer, avec du tissu, des gazes, du crin, des faux cheveux et des cheveux de la cliente dressés en position quasi verticale.

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